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Intervention chirurgicale pour recoller les oreilles

Recoller les oreilles : les meilleures solutions chirurgicales

06 octobre 2022 Dr Vincent Hunsinger, chirurgien esthétique

De nombreuses personnes vivent avec une malformation congénitale au niveau des oreilles et la plupart d’entre elles perçoivent cette particularité anatomique comme un handicap psychologique. Sources de complexes, que ce soit sur le plan personnel, professionnel ou dès la plus tendre enfance, les oreilles décollées peuvent représenter une gêne conséquente au quotidien. C’est la raison pour laquelle de plus en plus de patients ont recours à différentes méthodes pour recoller les oreilles. Qu’il s’agisse de l’otoplastie, d’un implant ou d’un conformateur posé chez le nourrisson, il est aujourd’hui possible d’y remédier durablement par une intervention le plus souvent simple et légère. Beaucoup s’interrogent aussi sur la possibilité de recoller les oreilles sans chirurgie : nous faisons le point ci-dessous sur les meilleures solutions, chirurgicales comme non chirurgicales, et sur les questions concrètes que se posent les patients (âge, prix, suites, prise en charge).

L’otoplastie pour recoller les oreilles

Avant toute chose, il convient de préciser que le décollement des oreilles n’a aucun impact sur la santé ni sur l’audition. Il représente cependant un préjudice esthétique parfois très difficile à vivre pour le patient atteint. Les moqueries que les oreilles décollées peuvent susciter sont susceptibles de provoquer des troubles psychologiques et une baisse importante de l’estime de soi dès le plus jeune âge.

La solution la plus utilisée pour y remédier consiste alors à recoller les oreilles grâce à la technique de l’otoplastie. Il s’agit d’une intervention chirurgicale qui consiste à remodeler le pavillon de l’oreille quand celle-ci est décollée. Selon la nature des anomalies, la durée de l’intervention ou encore l’âge du patient, cette opération peut se faire sous anesthésie locale, sous anesthésie générale ou sous anesthésie par sédation intraveineuse.

Les indications de l’otoplastie

L’otoplastie, qui peut être unilatérale (une oreille) ou bilatérale (deux oreilles) constitue un véritable challenge pour le chirurgien en raison de la complexité de l’anatomie chirurgicale et anthropométrique du pavillon de l’oreille. Les oreilles décollées représentent en effet une déformation causée par plusieurs particularités anatomiques. Il peut notamment s’agir :

  • D’un défaut de plicature du cartilage (anthélix) formant une oreille trop lisse et droite et donc tendant vers l’extérieur;
  • D’une hypertrophie du cartilage (conque) provoquant une projection vers l’avant trop importante;
  • D’une anomalie de l’angle rétro-auriculaire créant un vide entre l’oreille et le crâne et accentuant l’impression de décollement;
  • D’un valgus du lobe de l’oreille c’est-à-dire d’un décollement accentué donnant là encore une forme particulière tournée vers l’extérieur.

Otoplasite intervention

Le déroulement de l’intervention

En premier lieu, le chirurgien effectue un examen des oreilles ainsi qu’un bilan photographique. Un bilan préanesthésie est également réalisé. Pendant l’opération, le médecin va procéder à une incision cutanée au niveau du sillon rétroauriculaire qui correspond au pli à l’arrière de l’oreille. De légères incisions peuvent être aussi nécessaires sur la face avant du pavillon. Le chirurgien procèdera ensuite à un décollement de la peau sur une zone plus ou moins importante selon les besoins pour accéder au cartilage.

En fonction de la problématique constatée, le chirurgien pratiquera alors l’une des techniques suivantes, certaines étant parfois associées lorsque la malformation le nécessite :

  • Le remodelage du cartilage par chontromie (ablation) permettant de redessiner le relief;
  • La plicature de la partie supérieure de l’oreille (anthélix) afin d’enfouir la conque;
  • La correction de la forme des lobes;
  • L’exérèse d’une bande de peau excédentaire pour éviter la création d’un bourrelet inesthétique.

Au sortir de l’opération, la chirurgie des oreilles décollées permet de retrouver des oreilles recollées dès le lendemain de l’intervention avec une apparence très naturelle. Les résultats sont encore plus apparents après disparition de l’œdème au bout de 2 à 3 semaines et un résultat définitif optimal autour de 3 mois.

Otoplastie avant après

À quel âge et dans quelles conditions recoller les oreilles ?

Au-delà du choix de la technique, les patients se posent surtout des questions concrètes : à partir de quel âge intervenir, comment se déroulent les suites, l’opération est-elle douloureuse et est-elle prise en charge. Voici l’essentiel.

L’âge idéal pour recoller les oreilles

Chez l’enfant, on attend généralement que le cartilage de l’oreille ait achevé l’essentiel de sa croissance, ce qui survient tôt : le pavillon atteint près de 85 à 90 % de sa taille adulte vers l’âge de 6 ans. C’est pourquoi l’otoplastie est le plus souvent envisagée à partir de 7 ans, un âge où l’oreille est quasiment formée et où l’enfant, souvent confronté aux moqueries à l’entrée à l’école, est lui-même demandeur. Elle reste bien sûr possible à l’adolescence comme à l’âge adulte, sans limite supérieure. Chez le nouveau-né, la grande malléabilité du cartilage permet à l’inverse une correction sans chirurgie par conformateur (méthode Earwell), à condition d’agir dans les toutes premières semaines de vie.

Suites opératoires, convalescence et douleur

L’otoplastie est réputée pour ses suites simples. Réalisée le plus souvent en ambulatoire, elle n’est pas douloureuse pendant l’intervention (anesthésie locale ou générale) ; les jours suivants, une gêne et une sensibilité sont habituelles et bien soulagées par des antalgiques classiques. Un bandeau de contention est porté en continu pendant quelques jours, puis la nuit pendant plusieurs semaines pour protéger les oreilles le temps de la cicatrisation. La reprise de l’école ou du travail se fait en général sous une semaine, le sport de contact étant à éviter le temps que le cartilage se consolide. La cicatrice, dissimulée dans le sillon situé derrière l’oreille, devient rapidement invisible ; comme pour toute incision, un suivi attentif permet de prévenir une cicatrice épaisse ou une cicatrice chéloïde chez les peaux qui y sont prédisposées.

Prix et prise en charge de l’otoplastie

Lorsque le décollement est important et constitue une réelle gêne, l’otoplastie peut faire l’objet d’une prise en charge partielle par l’Assurance Maladie après accord préalable, en particulier chez l’enfant ; le reste à charge et les éventuels dépassements d’honoraires varient selon le praticien et l’établissement. Le tarif exact, qui dépend de la technique retenue et du caractère uni- ou bilatéral de l’intervention, est précisé lors de la consultation, à l’issue d’un devis détaillé remis avant toute décision. Cette même consultation est l’occasion d’aborder les autres gestes du rajeunissement et de l’harmonie du visage si le patient le souhaite.

La technique Earfold

Une autre technique encore moins invasive existait également jusqu’à il y a peu pour recoller les oreilles. Il s’agit de la technique par implant Earfold (qui signifie littéralement “oreilles décollées”). Ce procédé médical innovant de correction définitive des oreilles décollées consistait à introduire un implant en métal incurvé de quelques millimètres en avant du pavillon de l’oreille au niveau du pli de l’anthélix. Earfold proposait ainsi des implants à mémoire de forme constituée de Nitinol, un alliage de nickel et de titane. Ce dispositif permettait alors de corriger de manière définitive la forme des oreilles et surtout la malformation des oreilles décollées.

Les avantages de l’Earfold

À la fois simple et rapide, cette technique était très peu invasive et représentait une alternative efficace aux méthodes chirurgicales classiques pour les patients les plus réfractaires au bistouri. Les implants Earfold offraient en outre de multiples avantages par rapport à l’otoplastie. L’intervention durait environ 20 minutes et se déroulait directement au cabinet du praticien. Elle était ainsi réalisée sous anesthésie locale, comme un soin dentaire. Elle n’entraînait de plus aucune suite opératoire particulière à part un léger oedème et offrait des premiers résultats immédiats même si le résultat définitif n’était vraiment visible qu’au bout d’un mois.

La partie de l’oreille traitée ne devait pas être touchée pendant cette phase de consolidation sous peine de faire bouger l’implant. On pouvait  au final considérer cette solution comme une otoplastie sans chirurgie en bloc opératoire. Les enfants et les adolescents souffrant d’oreilles décollées pouvaient ainsi bénéficier de cette solution beaucoup moins invasive qu’une otoplastie.

Implant pour recoller les oreilles

Les limites de la technique Earfold

A noter cependant que cette technique de correction des oreilles ne fonctionnait pas pour toutes les typologies de patients (environ 70 % des patients pouvaient y prétendre). Elle n’était en effet pas indiquée quand le décollement concernait la conque ou quand le cartilage de l’oreille devait être déduit. En outre, malgré sa grande discrétion, l’implant pouvait être légèrement visible pour les patients avec une peau relativement fine au niveau des oreilles.
Le matériel utilisé dans le cadre de la technique n’est malheureusement plus commercialisé pour le moment mais les autres techniques pour recoller les oreilles restent malgré tout toujours disponibles et très efficaces.

La technique de Stenström

Le principe de cette technique est de fragiliser la face antérieure du cartilage de manière harmonieuse. Celle-ci se fait à l’aide d’une râpe courbe épousant l’arrondi de l’oreille. Lorsque le cartilage est replié, la zone fragilisée peut alors mieux prendre la courbe, ce qui permet la plicature douce et harmonieuse du cartilage. En d’autres termes, cette méthode permet de rompre le cintre fibroélastique antérieur de manière à ce que le cintre postérieur assure une force de traction centripète causant l’enroulement spontané du cartilage. On parle alors de tubulisation par chondrotomie partielle antérieure c’est-à-dire d’un enroulement spontané du cartilage suite à sa section chirurgicale.

Intervention pour recoller les oreilles

Après l’identification du futur anthélix, l’exérèse cutanée se fait dans l’axe de l’anthélix sans décollement cutané postérieur. L’exposition de la face externe du pavillon est réalisée par voie antérieure limitée à la jonction hélix-branche supérieure de l’anthélix permettant ainsi un décollement antérieur large incluant l’anthélix, ses branches et la partie externe de la conque.

Cette technique de précision requiert une expérience certaine du chirurgien pratiquant l’intervention. Différentes méthodes d’intervention sont utilisées selon le praticien. Certains procèdent au décollement antérieur au niveau de la fissure antitragohéliciéenne (entre la queue de l’hélice et l’antitragus). D’autres fixent la tubulisation observée par chondrotomie partielle antérieure au moyen de points comme pour la technique de Mustradé. Enfin, d’autres encore réalisent un enfouissement de la conque et une fixation de celle-ci au plan prémastoïdien (au niveau de la partie inférieure de l’os temporal).

La méthode Earwell

Spécifiquement dédiée aux nourrissons, cette solution d’intervention néonatale vise à agir sur les malformations ou déformations de l’oreille externe liées à la naissance grâce à la mise en place d’un conformateur externe moulant pour corriger les anomalies de forme du pavillon. Les malformations de l’oreille sont en effet très fréquentes chez les bébés et concerneraient 15 à 20 % des naissances, la plupart subsistant ensuite à l’âge adulte avec les conséquences psychologiques néfastes déjà abordées précédemment.

Pendant les 6 premières semaines de la vie d’un bébé, le cartilage de son oreille reste malléable rendant ainsi la correction plus aisée qu’à l’âge adulte. Cette dernière peut de ce fait être repliée plus facilement lorsqu’un défaut au niveau du pli de l’oreille est constaté précocement. Grâce à la méthode Earwell, il est possible de replacer l’oreille du nouveau-né en recréant le pli de l’anthélix faisant défaut. Cette technique est surtout répandue aux États-Unis et est actuellement pratiquée par certains hôpitaux en France.

Earwell est une technique de moulage de 4 à 6 semaines adaptée au cas par cas en fonction du type d’anomalie. Aucune anesthésie n’est requise car le conformateur se pose lors d’une simple consultation ORL. Ce dispositif permettant de corriger de façon atraumatique les déformations de l’oreille chez les bébés ne nécessite donc aucune intervention chirurgicale et offre une garantie de réussite de plus de 90 %. Il s’agit donc d’une technique non invasive, non chirurgicale et ne laissant aucune cicatrice. La procédure de mise en place d’Earwell ne dure, de plus, que quelques minutes. En l’espace de 4 à 6 semaines, le bébé retrouvera alors des oreilles avec une forme normale.

Questions fréquentes

À quel âge peut-on faire recoller les oreilles ?+

L’otoplastie est généralement proposée à partir de 7 ans, lorsque le pavillon de l’oreille a atteint l’essentiel de sa taille adulte. Elle reste possible à tout âge ensuite, à l’adolescence comme chez l’adulte, sans limite supérieure. Chez le nouveau-né, une correction sans chirurgie par conformateur (méthode Earwell) peut être envisagée dans les premières semaines de vie, tant que le cartilage demeure très malléable.

Peut-on recoller les oreilles sans chirurgie ?+

Oui, mais cela dépend de l’âge. Chez le nourrisson, le conformateur externe Earwell permet de remodeler une oreille décollée sans aucune intervention, pendant que le cartilage est encore souple. Chez l’adulte, en revanche, le cartilage est rigide : aucune astuce, aucun bandage ou « truc maison » ne permet de recoller durablement des oreilles déjà formées. La seule correction réellement définitive passe alors par l’otoplastie.

Recoller les oreilles est-il douloureux ?+

L’intervention elle-même n’est pas douloureuse, car elle se déroule sous anesthésie locale ou générale. Dans les jours qui suivent, une sensibilité et une gêne sont habituelles ; elles sont bien soulagées par des antalgiques simples. Le port d’un bandeau de contention protège les oreilles pendant la cicatrisation.

Combien de temps dure la convalescence après une otoplastie ?+

Les suites sont simples. La reprise de l’école ou du travail se fait en général sous une semaine. Le bandeau est porté en continu quelques jours, puis la nuit pendant plusieurs semaines. L’œdème s’estompe en 2 à 3 semaines, et le résultat définitif s’apprécie vers 3 mois. Les sports de contact sont à éviter le temps que le cartilage se consolide.

L’otoplastie est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?+

Lorsque le décollement est marqué et constitue une réelle gêne, l’otoplastie peut faire l’objet d’une prise en charge partielle par l’Assurance Maladie, après accord préalable, en particulier chez l’enfant. Le reste à charge et d’éventuels dépassements d’honoraires dépendent du praticien et de l’établissement ; un devis détaillé est remis lors de la consultation.

Les oreilles peuvent-elles se redécoller après l’opération ?+

Le résultat de l’otoplastie est considéré comme durable. Une fois le cartilage remodelé et stabilisé, les oreilles conservent leur nouvelle position. Une légère récidive partielle reste possible dans de rares cas, le plus souvent liée à la qualité du cartilage ou à un traumatisme précoce ; le respect du bandeau de contention pendant la cicatrisation limite ce risque.

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