01La reconstruction mammaire après une mastectomie
En France, 30 à 40 % des femmes ayant subi une mastectomie ont recours à la reconstruction mammaire — un choix personnel, sans aucun surrisque cancérologique (la crainte d’une récidive favorisée par la reconstruction est formellement écartée par les autorités de santé).
Elle s’adresse surtout aux mastectomies (ablation totale du sein) ; plus rarement à une chirurgie conservatrice (tumorectomie), lorsque l’asymétrie de forme ou de volume entre les deux seins devient trop marquée après le retrait de la tumeur.
02Reconstruction immédiate ou différée ?
La reconstruction peut être réalisée en même temps que l’ablation (reconstruction immédiate) ou plus tard (reconstruction différée) :
- Immédiate : préférable quand les conditions le permettent. Elle évite le traumatisme de la perte du sein, préserve la peau du thorax et le sillon sous-mammaire, et épargne une seconde intervention. Elle est en revanche déconseillée si la tumeur est inflammatoire ou au contact de la peau, en cas de fort volume, chez les patientes fumeuses ou diabétiques, et lorsqu’une radiothérapie est prévue.
- Différée : encore la situation la plus fréquente, la radiothérapie étant souvent réalisée après la mastectomie. Elle a lieu environ 6 mois après une chimiothérapie et un an après une radiothérapie, le temps d’évaluer la qualité de la peau et des muscles. Une reconstruction reste possible même plusieurs années après la mastectomie.
À noter : lorsque les tissus ont été irradiés, une reconstruction par tissu autologue (lambeau) est généralement privilégiée à la prothèse, mieux tolérée qu’un implant en territoire irradié (moins de coques et de complications cicatricielles).
03Les techniques de reconstruction mammaire
Trois grandes techniques existent ; le choix dépend de la morphologie, de la qualité des tissus et des traitements reçus :

- Par prothèse (implant) : pose d’un implant en gel de silicone derrière le muscle pectoral. Intervention plus simple et rapide, indiquée quand les tissus sont de bonne qualité et le volume à reconstruire modéré ; elle demande une surveillance (coque, usure de l’implant) et un résultat parfois moins naturel au toucher.
- Par lambeau autologue : on recrée le volume avec les propres tissus de la patiente, pour un résultat naturel et durable. Le DIEP (lambeau de l’abdomen) est la référence : il prélève peau et graisse en épargnant le muscle, et convient à toutes les poitrines ; à défaut d’abdomen disponible, on utilise le lambeau de PAP (sous-fessier) ou du grand dorsal. Ces techniques laissent une cicatrice sur la zone de prélèvement.
- Par lipofilling (greffe de graisse) : réinjection de la propre graisse de la patiente, sans cicatrice ni rejet, très naturelle — seule ou en complément des autres techniques. Elle suppose une réserve de graisse suffisante, parfois limitée après une chimiothérapie.
04Mamelon, aréole et symétrie des deux seins
Reconstruire le volume n’est qu’une étape : tout l’enjeu est d’obtenir deux seins harmonieux. Le sein controlatéral peut être ajusté dans le même temps — par lifting, réduction ou augmentation — pour rétablir la symétrie, geste lui aussi pris en charge.
En touche finale, souvent quelques mois plus tard, le chirurgien reconstruit l’aréole et le mamelon : tatouage médical (en relief), greffe de peau ou prélèvement d’un fragment de l’aréole controlatérale. Cette étape, facultative, parachève un résultat naturel.
05Prix et prise en charge
La reconstruction mammaire après cancer est une chirurgie réparatrice : elle est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie (affection de longue durée), de même que la symétrisation du sein opposé et la reconstruction de l’aréole. Selon la technique (prothèse, DIEP, lipofilling), les honoraires et la durée diffèrent — le détail figure dans la grille tarifaire et la prise en charge.
06Déroulement de l'intervention
Avant l'intervention
Le projet de reconstruction est propre à chaque patiente. Une consultation au cabinet Rive Droite Paris Étoile permet de comprendre vos attentes, d’examiner la qualité des tissus et de définir, avec vous, la technique la plus adaptée et le calendrier (immédiate ou différée). Des recommandations préopératoires sont transmises — notamment l’arrêt du tabac, essentiel à la bonne vascularisation et à la cicatrisation. Un accompagnement psychologique peut être proposé, et le rendez-vous avec l’anesthésiste est fixé avant l’intervention.
Pendant l'intervention
La reconstruction se déroule sous anesthésie générale et nécessite, selon la technique, 2 à 3 temps opératoires. La première étape recrée le volume du sein :
- pour une prothèse, si la peau du thorax est trop tendue, le chirurgien place d’abord une prothèse d’expansion gonflée progressivement pendant quelques semaines, avant de poser l’implant définitif ;
- pour un lambeau ou un lipofilling, la reconstitution est facilitée par l’élasticité des tissus ou de la graisse réinjectée.
Les temps suivants harmonisent les deux seins, puis reconstruisent l’aréole et le mamelon.

Après l'intervention
Les suites dépendent de la technique :
- Prothèse : intervention de 1 à 2 h, 1 à 4 jours d’hospitalisation, douleurs modérées calmées par antalgiques.
- Lambeau : intervention plus lourde (≈ 4 h), 5 à 8 jours d’hospitalisation, surveillance du lambeau au doppler et port d’une gaine jour et nuit pendant 6 semaines.
- Lipofilling : geste plus léger, en ambulatoire, fines cicatrices, gêne surtout sur les zones de prélèvement (port d’un panty de contention).
Dans tous les cas, le repos est de mise les premiers jours ; le sport et le port de charges lourdes sont proscrits au moins un mois, avec un arrêt de travail pouvant aller jusqu’à 6 semaines. Le port d’une brassière de cicatrisation et l’évitement du soleil pendant un mois sont recommandés.
07Prix & tarifs à Paris
| Intervention | Avec prise en charge | Honoraires esthétiques |
|---|---|---|
| Reconstruction mammaire après mastectomie par prothèse | 3 600 – 5 600 € | 7 000 – 9 000 € |
| Reconstruction mammaire par DIEP (lambeau microchirurgie) | 9 000 – 11 000 € | 14 000 – 18 000 € |
Tarifs indicatifs « à partir de », honoraires du chirurgien inclus. Le devis définitif est remis lors de la consultation, après examen, en fonction de la zone traitée et de la technique retenue. Une partie de l'intervention peut faire l'objet d'une prise en charge par l'Assurance Maladie lorsque les critères médicaux sont réunis.
08Vos questions
La reconstruction mammaire après cancer est-elle remboursée ?+
Oui, intégralement : c’est une chirurgie réparatrice prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie (affection de longue durée), y compris la symétrisation du sein opposé et la reconstruction de l’aréole. Les éventuels dépassements d’honoraires sont précisés dans la grille tarifaire.
Reconstruction immédiate ou différée : laquelle choisir ?+
La reconstruction immédiate (pendant la mastectomie) est préférable quand les conditions le permettent ; la différée s’impose souvent lorsqu’une radiothérapie est prévue. Le choix se décide avec l’équipe selon la tumeur, les traitements et vos souhaits.
Quelle technique de reconstruction est faite pour moi ?+
Cela dépend de votre morphologie, de la qualité des tissus et des traitements reçus : prothèse pour un volume modéré et de bons tissus, lambeau (DIEP) pour un résultat autologue naturel, lipofilling seul ou en complément. Le chirurgien vous oriente en consultation.
Peut-on être reconstruite après une radiothérapie ?+
Oui. En territoire irradié, une reconstruction par tissu autologue (lambeau) est généralement privilégiée à la prothèse, mieux tolérée et donnant de meilleurs résultats.
La reconstruction gêne-t-elle la surveillance ou favorise-t-elle une récidive ?+
Non. La reconstruction n’augmente pas le risque de récidive et ne gêne pas le suivi du cancer du sein, comme l’ont établi les autorités de santé.
Reconstruit-on aussi le mamelon et l’aréole ?+
Oui, si vous le souhaitez : c’est la dernière étape, réalisée quelques mois plus tard par tatouage médical, greffe de peau ou prélèvement sur l’aréole opposée.
Combien de temps dure la convalescence ?+
Variable selon la technique : quelques jours d’hospitalisation pour une prothèse, 5 à 8 jours pour un lambeau, avec un arrêt de travail pouvant atteindre 6 semaines et une reprise du sport après un mois.
Peut-on se faire reconstruire longtemps après la mastectomie ?+
Oui : une reconstruction différée peut être réalisée plusieurs années après la mastectomie, une fois les traitements terminés et les tissus stabilisés.
