01Qu’est-ce qu’une génioplastie ? Les anomalies du menton
La génioplastie a pour but de modifier la forme, la hauteur ou la projection du menton. Un menton est considéré comme harmonieux quand sa pointe s’inscrit, de profil, sur une ligne verticale de référence du visage. Lorsque le menton dévie de cette ligne, on distingue principalement deux anomalies :
- Le menton fuyant (menton reculé, ou rétrogénie) : le menton est trop en arrière de la ligne, souvent avec un cou peu dessiné et un aspect de double menton.
- Le menton en galoche (menton saillant, ou progénie) : le menton est trop en avant et se projette au-delà de la ligne.
D’autres défauts existent et s’associent parfois : un menton asymétrique (dévié), trop haut (syndrome de face longue) ou trop court (face courte). Selon le cas, la génioplastie permet de repositionner l’os du menton, d’insérer une prothèse au contact de l’os mandibulaire, ou de combler par injection d’acide hyaluronique ou de graisse (lipofilling).

02Pourquoi faire une génioplastie ?
La première motivation est esthétique : un menton bien positionné équilibre le profil, structure le bas du visage et redonne du caractère à une zone souvent source de complexe. Mais la génioplastie a aussi des bénéfices fonctionnels :
- permettre le contact des lèvres au repos (corriger une incompétence labiale) ;
- améliorer l’hygiène bucco-dentaire et limiter les tensions sur la gencive inférieure ;
- participer, en complément d’une chirurgie des mâchoires, à corriger un trouble de l’articulé dentaire ou de la respiration.
Le menton se traite rarement seul : il peut s’associer à une rhinoplastie pour rééquilibrer le nez et le menton (on parle alors de profiloplastie), ou à une liposuccion du cou pour traiter un double menton.
03Génioplastie d’avancement ou de recul : les techniques
La technique dépend du défaut de départ.
La génioplastie d’avancement (menton fuyant)
Pour avancer un menton fuyant (rétrogénie), trois approches sont possibles :
- Ostéotomie d’avancement : le chirurgien sectionne l’os du menton à l’horizontale, l’avance, puis le fixe par une mini-plaque en titane et des vis. C’est la solution la plus stable et la plus modulable.
- Pose d’une prothèse (implant) de menton : un implant en silicone ou en Medpor est glissé, sur mesure, dans une loge au contact de l’os — invisible car dissimulé sous les tissus.
- Greffe osseuse, parfois dans le cadre d’une profiloplastie.

La génioplastie de recul (menton en galoche)
Pour réduire un menton en galoche (progénie), deux gestes sont possibles :
- Rabotage osseux : la projection est diminuée en limant le bord de l’os mandibulaire.
- Ostéotomie de recul : une section osseuse à la découpe ultrasonique (piézotome) retire l’excédent et recule le menton, avant réostéosynthèse par plaque et vis.
Lorsque le décalage des mâchoires est important et touche l’occlusion dentaire, la génioplastie seule ne suffit pas : une ostéotomie mandibulaire ou bi-maxillaire (chirurgie orthognathique) est alors associée.
04Génioplastie osseuse, implant ou injection : que choisir ?
Les injections d’acide hyaluronique ou la pose d’un implant ne corrigent qu’un menton fuyant léger, sans agir sur la hauteur ni sur une asymétrie. L’acide hyaluronique est non chirurgical et réversible, mais temporaire (12 à 18 mois) : c’est l’option de la génioplastie médicale sans chirurgie, à base d’acide hyaluronique. L’implant donne un résultat durable mais peut, avec les années, entraîner une résorption de l’os situé sous la prothèse — raison pour laquelle de nombreux chirurgiens privilégient aujourd’hui la génioplastie osseuse (ostéotomie) : elle corrige le menton dans toutes les dimensions (avancée, recul, hauteur, asymétrie), reste la plus stable dans le temps, et avance légèrement l’insertion des muscles du plancher buccal — un appui parfois favorable à la respiration. Le choix se décide en consultation, selon le défaut et vos attentes.
05Résultats avant / après

06Déroulement de l'intervention
Avant l'intervention
Deux consultations précèdent l’intervention. Le chirurgien analyse les caractéristiques du menton et son intégration au reste du visage (yeux, lèvres, nez), de face et de profil, et définit la correction. Un examen de la bouche et un bilan radiologique (panoramique dentaire, parfois scanner) repèrent l’articulé dentaire et la position du nerf. Des photographies et une simulation du résultat sur logiciel sont réalisées. Consignes habituelles avant l’opération :
- arrêt du tabac au moins 1 mois avant et après ;
- pas d’aspirine ni de dérivés 10 jours avant ;
- consultation d’anesthésie au plus tard 48 h avant.
Pendant l'intervention
La génioplastie se pratique le plus souvent sous anesthésie générale (parfois locale selon le geste), dure environ 1 h à 1 h 30, en ambulatoire ou avec une nuit d’hospitalisation. Elle ne laisse aucune cicatrice visible : l’incision est endobuccale (à l’intérieur de la lèvre inférieure), parfois sous le menton. Selon la technique :
- l’os du menton est sectionné à la découpe ultrasonique (piézotome), qui préserve les tissus et les nerfs, puis déplacé dans la direction voulue et fixé par une plaque en titane et des vis ;
- ou un implant en silicone est posé dans une loge sur mesure ;
- ou l’os est limé pour réduire la projection d’un menton en galoche.
L’incision est refermée par des fils résorbables et un pansement modelant et compressif est appliqué sur le menton.
Après l'intervention
Les suites sont légères : la mâchoire se mobilise rapidement et les douleurs, modérées, sont calmées par des antalgiques simples. Le pansement modelant est conservé 5 à 8 jours. Un engourdissement ou une baisse de sensibilité de la lèvre inférieure, du menton ou des dents est fréquent les premiers jours et régresse spontanément. En cas d’incision dans la bouche, une alimentation mixée, tiède ou froide est conseillée environ 2 semaines, avec des bains de bouche après chaque repas pendant une semaine.
Un œdème et des ecchymoses s’estompent en 2 semaines environ. Un arrêt d’activité d’une à deux semaines est habituel ; le sport est repris vers 2 mois. Le résultat se dessine dès la disparition de l’œdème et devient définitif en 1 mois et demi à 3 mois.
07Prix & tarifs à Paris
| Intervention | Honoraires esthétiques |
|---|---|
| Génioplastie chirurgicale | 3 500 – 5 500 € |
| Génioplastie médicale | 800 – 1 800 € |
Tarifs indicatifs « à partir de », honoraires du chirurgien inclus. Le devis définitif est remis lors de la consultation, après examen, en fonction de la zone traitée et de la technique retenue. Une partie de l'intervention peut faire l'objet d'une prise en charge par l'Assurance Maladie lorsque les critères médicaux sont réunis.
08Vos questions
Quel est le prix d’une génioplastie à Paris ?+
Comptez environ 3 500 à 5 500 € pour une génioplastie chirurgicale ; la génioplastie médicale (injection) se situe entre 800 et 1 800 €. Le détail est remis en consultation. Une prise en charge partielle par la Sécurité sociale est possible lorsque l’intervention répond à un trouble fonctionnel.
La génioplastie est-elle douloureuse ?+
Non : les suites sont réputées peu douloureuses. La gêne vient surtout de l’œdème et du pansement les premiers jours ; des antalgiques simples suffisent le plus souvent.
La génioplastie est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?+
Elle peut être prise en charge lorsqu’elle corrige un trouble fonctionnel (articulé dentaire, incompétence labiale, anomalie des mâchoires). Si la demande est purement esthétique, elle n’est pas remboursée.
À quel âge peut-on faire une génioplastie ?+
Généralement à partir de 15-16 ans, une fois la croissance osseuse achevée. Dans certaines indications fonctionnelles (excès de hauteur du menton avec lèvres qui ne se ferment pas), elle peut être envisagée plus tôt. Chez l’adulte, elle se pratique à tout âge.
Existe-t-il une génioplastie sans chirurgie ?+
Oui pour les petites corrections d’un menton fuyant : la génioplastie médicale par injection d’acide hyaluronique remodèle le menton sans opération, mais le résultat est temporaire (12 à 18 mois). La chirurgie reste nécessaire pour corriger la hauteur, une asymétrie ou un menton en galoche.
Génioplastie ou implant du menton : quelle différence ?+
L’implant ne corrige qu’un menton fuyant et peut, à long terme, entraîner une résorption de l’os sous-jacent. La génioplastie osseuse (ostéotomie) déplace l’os lui-même : elle corrige toutes les dimensions du menton et reste plus stable dans le temps.
Y a-t-il des cicatrices après une génioplastie ?+
Non visibles : l’incision est le plus souvent endobuccale, à l’intérieur de la lèvre inférieure. Aucune cicatrice n’apparaît sur le visage.
Quand le résultat est-il visible et définitif ?+
Les premiers effets sont visibles vers 10 jours, à la fonte de l’œdème. Le résultat est définitif vers 1 mois et demi pour un menton en galoche et 3 mois pour un menton fuyant.
Les résultats sont-ils définitifs ?+
Oui : la génioplastie agit sur l’architecture osseuse du menton, que le temps ne modifie pas. Le résultat est durable.
Quels sont les risques d’une génioplastie ?+
Le plus fréquent est un engourdissement temporaire de la lèvre et du menton, qui régresse. Les autres complications (infection, hématome, intolérance au matériel, trouble durable de la sensibilité) sont rares et communes à la chirurgie.
Quelle est la différence entre mentoplastie et génioplastie ?+
Aucune : les deux termes désignent la chirurgie du menton.
