01 41 31 31 31 23 Avenue Mac Mahon - 75017 Paris
FREN
Prendre RDV
Intervention de réduction mammaire

L’hypertrophie mammaire chez la femme

10 novembre 2021 Dr Vincent Hunsinger, chirurgien esthétique

Si l’absence de poitrine est fréquemment ressentie comme un complexe chez la femme, des seins trop volumineux peuvent également s’avérer fortement handicapants et gênants au quotidien. Quelles sont les causes de l’hypertrophie mammaire chez la femme ? Quels en sont les symptômes et les conséquences dans la vie quotidienne ? À partir de quand parle-t-on d’hypertrophie, et quelles solutions existent pour y remédier ? L’intervention de réduction de la glande mammaire peut-elle ouvrir droit à une prise en charge pour la patiente ? Le point sur le développement excessif de la poitrine, son diagnostic et son traitement.

Qu’est-ce que l’hypertrophie mammaire ?

L’hypertrophie mammaire désigne un développement excessif de la poitrine, disproportionné par rapport à la morphologie de la femme. D’un volume moyen de 200 à 350 cm³, on considère que la poitrine fait l’objet d’une hypertrophie mammaire lorsque son volume dépasse les 400 cm³ : les seins sont alors jugés inadaptés à la silhouette de la patiente. On emploie également les termes de macromastie pour décrire cette poitrine trop volumineuse, et de gigantomastie pour les formes les plus sévères. L’hypertrophie touche le plus souvent les deux seins (hypertrophie mammaire bilatérale), mais elle peut aussi être unilatérale, n’affectant qu’un seul sein, et être alors à l’origine d’une asymétrie de la poitrine.

Plusieurs grades sont distingués selon le volume mammaire en excès :

  • Hypertrophie modérée : de 400 à 600 cm³ ;
  • Hypertrophie assez importante : de 600 à 800 cm³ ;
  • Hypertrophie importante : de 800 à 1 000 cm³ ;
  • Hypertrophie très importante : plus de 1 000 cm³. À ce niveau, on parle également de gigantomastie.

Si elle touche majoritairement les femmes, une situation comparable peut également concerner les hommes, avec un développement excessif de la glande mammaire appelé gynécomastie, ce sur-développement de la poitrine chez l’homme, dont il convient de distinguer l’origine purement graisseuse (adipomastie).

Les causes de l’hypertrophie mammaire

L’hypertrophie mammaire est une anomalie bénigne qui peut être d’origine congénitale ou hormonale. Elle se traduit par un développement excessif de la glande mammaire et peut parfois s’accompagner d’un excédent graisseux, sans que cela soit systématique, loin s’en faut. Le surpoids ou la grossesse peuvent toutefois accentuer ce phénomène, notamment en distendant la peau.

L’hypertrophie n’est pas nécessairement présente de façon homogène sur chacun des deux seins et peut donc être à l’origine d’une asymétrie lorsque la prolifération est unilatérale (dans un seul sein). Elle peut se produire sur plusieurs années ou parfois de façon bien plus rapide, en quelques semaines. La prolifération provient alors de la production de certaines hormones sexuelles en quantité trop importante, et notamment de prolactine ou d’œstrogènes au moment des premières menstruations ou pendant l’allaitement.

Les perturbations hormonales, le vieillissement de la peau ou les variations pondérales peuvent accentuer ce phénomène en distendant l’enveloppe cutanée. Certains spécialistes estiment parfois qu’il existe une prédisposition génétique à cette anomalie, ou même que celle-ci survient sans véritable cause apparente.

Enfin, certains médicaments ou certaines maladies auto-immunes, tel que le lupus érythémateux disséminé, peuvent également être à l’origine de ce dérèglement.

Symptômes et diagnostic : comment savoir si l’on est concernée ?

L’hypertrophie mammaire apparaît généralement à la puberté, sous l’action des hormones, et peut dans certains cas disparaître d’elle-même. Sous le poids du vieillissement et du relâchement cutané, la gravité fait fléchir les seins vers le bas ainsi que les mamelons. Ils deviennent alors pesants et encore plus difficiles à supporter, donnant une impression de lourdeur dans la partie inférieure et de vide dans la partie supérieure.

Le diagnostic d’hypertrophie mammaire est posé en tenant compte de plusieurs éléments :

  • Le degré d’hypertrophie ;
  • La taille de la poitrine (taille du bonnet) : on considère généralement l’hypertrophie avérée à partir du bonnet E ;
  • La stature et la morphologie globale de la patiente (son IMC) ;
  • Le degré de la ptose (l’affaissement du sein) ;
  • La présence ou non de vergetures ;
  • Le degré d’élasticité de la peau.

Concrètement, une femme peut suspecter une hypertrophie lorsque le volume de sa poitrine devient une gêne quotidienne durable et s’accompagne des signes décrits ci-dessous : douleurs du dos et des épaules, marques creusées par les bretelles du soutien-gorge, irritations sous les seins. Seul un examen clinique réalisé par un chirurgien permet toutefois de confirmer le diagnostic et d’en mesurer le retentissement.

L’hypertrophie mammaire, une anomalie handicapante au quotidien

L’hypertrophie mammaire peut rapidement se révéler handicapante dans de nombreux gestes du quotidien et entraîne une gêne physique et fonctionnelle, mais aussi esthétique et psychologique. Source de douleurs dorsales, cervicales (au niveau du cou et de la nuque) et aux épaules, souvent accrues par un relâchement de la peau et une ptose mammaire, cet affaissement des seins corrigé par un lifting des seins, elle peut également provoquer des irritations cutanées (appelées intertrigos) au niveau du sillon sous-mammaire, du fait des frottements répétés et de la macération dûs au trop grand volume mammaire.

Elle peut également provoquer des troubles du sommeil et des problèmes de posture. Elle s’avère de ce fait particulièrement gênante dans la pratique de l’activité sportive, limitant les mouvements des femmes qui en sont atteintes. À cet inconfort physique s’ajoute la difficulté de trouver des vêtements adaptés, et notamment des sous-vêtements à la bonne taille, ou un complexe à se dévêtir dans l’intimité ou pour aller à la plage. Mal à l’aise avec leur forte poitrine, certaines femmes tentent alors de la camoufler avec des vêtements amples.

Ce retentissement est aujourd’hui bien documenté : la littérature médicale internationale reconnaît la macromastie symptomatique comme une cause établie de douleurs chroniques du cou, du dos et des épaules, de céphalées et de marques creusées par les bretelles (shoulder grooving), des symptômes susceptibles de retentir sur l’activité professionnelle (Layon et coll., Journal of Women’s Health, 2021). L’hypertrophie mammaire n’est donc pas un simple inconfort esthétique : c’est une gêne fonctionnelle réelle, ce qui justifie sa prise en charge médicale.

La mammoplastie de réduction pour traiter l’hypertrophie mammaire

Généralités et préparation à l’intervention

Pour venir à bout de cette anomalie handicapante, certaines femmes choisissent d’avoir recours à la réduction mammaire, l’intervention chirurgicale de diminution de la poitrine. Cette opération, également appelée mammoplastie de réduction, peut être réalisée à la fin de la croissance, généralement à partir de l’âge de 17 ans. Pratiquée sous anesthésie générale en clinique, elle dure en règle générale entre 1 h 30 et 2 h. La patiente pourra rester à la clinique entre 1 et 3 jours, selon notamment le volume de la glande mammaire à extraire.

D’une manière générale, on estime l’intervention de réduction mammaire vraiment nécessaire lorsque le praticien est en mesure de retirer 1 à 2 kg par sein.

Avant l’intervention, des consultations préalables ont lieu au cabinet afin d’analyser la morphologie de la patiente et de recueillir ses attentes quant au résultat. Une décision est alors prise quant à la quantité de tissu extraite, en concertation avec la patiente. Pour les femmes âgées d’au moins 35 ans, une mammographie est prescrite avant toute intervention. Un rendez-vous avec l’anesthésiste devra également avoir lieu au plus tard 48 heures avant l’opération. L’éligibilité à une réduction mammaire, ses conditions d’âge et ses critères d’indication sont précisés en détail lors de ces consultations.

L’intervention en pratique

La réduction mammaire est une intervention qui se déroule en plusieurs étapes généralement bien définies :

  • Le chirurgien commence par dessiner la nouvelle forme des seins, ce qui permet d’identifier l’emplacement des incisions ;
  • Il procède ensuite à l’extraction du tissu glandulaire excédentaire, qui sera envoyé par précaution en analyse anatomopathologique ;
  • La glande mammaire restante est remodelée et le sein remonté pour rétablir une bonne posture ;
  • Le chirurgien pratique ensuite l’exérèse des excédents cutanés et redrape la peau des seins ;
  • Il repositionne enfin l’aréole et le mamelon ;
  • Un pansement faisant office de soutien-gorge est posé en fin d’intervention.

L’intervention de réduction mammaire ne consiste donc pas seulement en une simple extraction de l’excédent de glande mammaire, qui reviendrait à vider le sein de sa substance. Elle implique également une reconstruction d’ensemble de la poitrine afin d’obtenir un résultat uniforme, naturel et des seins débarrassés d’une éventuelle asymétrie.

L’hypertrophie mammaire peut, dans certains cas particuliers, être traitée par l’intermédiaire d’une liposuccion, cette technique d’aspiration des amas graisseux, lorsque l’excédent mammaire est principalement provoqué par un surplus de tissus adipeux.

Dans le cas d’une hypertrophie très importante, certains praticiens décident de procéder à une mastectomie (également pratiquée dans le cadre du traitement d’un cancer du sein), c’est-à-dire une extraction totale du tissu mammaire, ensuite remplacé par une prothèse mammaire.

Cure d’hypertrophie mammaire : quelle prise en charge ?

La mammoplastie de réduction peut, dans certains cas, ouvrir droit à une prise en charge par la Sécurité sociale. Elle devra pour cela conduire à une extraction d’au moins 300 grammes par sein, soit environ deux bonnets, ce qui constitue le seuil à partir duquel cette anomalie est jugée handicapante. Cette prise en charge est automatique à partir de ce seuil et ne nécessite pas de démarche particulière. Le chirurgien est à même de vous renseigner et de quantifier précisément la masse de glande mammaire à extraire lors des consultations pré-opératoires. Pour aller plus loin, nous détaillons les conditions de remboursement de la réduction mammaire par la Sécurité sociale dans un article dédié.

Les suites opératoires de l’intervention

Les suites de l’intervention de réduction mammaire sont généralement peu douloureuses.

Le résultat de la mammoplastie de réduction est immédiatement visible et devient définitif au bout de 6 mois environ. La patiente retrouve rapidement confiance en elle et peut pratiquer plus confortablement toutes ses activités du quotidien, et notamment les activités physiques. Les études internationales évaluant la qualité de vie après réduction mammaire à l’aide du questionnaire BREAST-Q font d’ailleurs état d’une amélioration marquée du bien-être physique et de la satisfaction des patientes (Wang et coll., Aesthetic Surgery Journal, 2023), ce qui en fait l’une des interventions de chirurgie mammaire les mieux vécues.

Les activités professionnelles peuvent généralement être reprises entre une et deux semaines après l’intervention. Le port de charges lourdes et les activités physiques intenses sont à proscrire pendant au moins 3 semaines. Un soutien-gorge de contention, permettant de bien stabiliser la poitrine, est fortement recommandé les premières semaines. Un gonflement post-opératoire peut également être observé durant cette période. Les fils utilisés sont généralement résorbables et la cicatrice s’estompe assez rapidement après l’intervention. Un nouveau pansement, plus léger, remplace le pansement post-opératoire quelques jours après l’opération.

La patiente devra également s’attacher à stabiliser sa silhouette et éviter un amaigrissement trop important, afin de prévenir un effet de seins flasques.

Important : la réduction mammaire induit l’impossibilité, pour la patiente, d’allaiter après l’intervention, celle-ci supposant une section des canaux galactophores. Il ne s’agit donc pas d’une décision à prendre à la légère pour les patientes ayant des projets de grossesse.

Questions fréquentes

À partir de quand parle-t-on d'hypertrophie mammaire ?+

On considère qu’il y a hypertrophie mammaire lorsque le volume d’un sein dépasse environ 400 cm³, alors que le volume moyen se situe entre 200 et 350 cm³. En pratique, l’hypertrophie est généralement retenue à partir d’un bonnet E, mais le diagnostic tient surtout compte du retentissement quotidien (douleurs, gêne) et de la disproportion par rapport à la morphologie de la patiente, davantage que de la seule taille du bonnet.

L'hypertrophie mammaire est-elle d'origine héréditaire ou génétique ?+

Il n’existe pas de cause unique. L’hypertrophie mammaire est le plus souvent d’origine hormonale, liée à une production excessive d’œstrogènes ou de prolactine, par exemple au moment de la puberté, d’une grossesse ou de l’allaitement. Certains spécialistes évoquent une prédisposition familiale ou génétique, et l’anomalie peut aussi survenir sans cause apparente. Le surpoids, les variations de poids et le vieillissement cutané peuvent accentuer le phénomène.

Comment réduire le volume de la poitrine sans chirurgie ?+

Lorsque l’excès de volume est en partie lié à un surpoids, une perte de poids et une activité physique régulière peuvent diminuer la part graisseuse du sein. En revanche, lorsque l’hypertrophie est d’origine glandulaire, aucune méthode non chirurgicale (crème, sport, soutien-gorge) ne permet de retirer la glande mammaire en excès : seule la réduction mammaire permet de traiter durablement une hypertrophie glandulaire avérée et handicapante.

À quel âge peut-on envisager une réduction mammaire ?+

La réduction mammaire peut être réalisée une fois la croissance terminée, généralement à partir de 17 ans. Il n’y a pas d’âge maximal : l’intervention est possible à tout âge dès lors que l’état de santé le permet et que l’hypertrophie reste source de gêne. Pour les patientes de 35 ans et plus, une mammographie est prescrite avant l’opération.

La réduction mammaire est-elle prise en charge par la Sécurité sociale ?+

Oui, sous condition. La prise en charge est automatique lorsque le chirurgien retire au moins 300 grammes de glande par sein, soit environ deux bonnets, seuil à partir duquel l’hypertrophie est considérée comme handicapante. En dessous de ce seuil, l’intervention relève de la chirurgie esthétique et reste à la charge de la patiente. Le chirurgien évalue ce point lors des consultations pré-opératoires.

Pourra-t-on allaiter après une réduction mammaire ?+

Non. La réduction mammaire suppose une section des canaux galactophores, ce qui rend l’allaitement impossible après l’intervention. C’est un point important à anticiper pour les patientes ayant un projet de grossesse, et à aborder en consultation avant de décider de l’opération.

Prendre rendez-vous

Si vous envisagez une intervention, prenez rendez-vous en quelques clics : nos chirurgiens répondront à toutes vos questions et vous orienteront vers une solution adaptée et personnalisée.

Réserver sur Doctolib