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Intervention de réduction mammaire

L’hypertrophie mammaire chez la femme

10 novembre 2021 DR. VINCENT HUNSINGER

Si l’absence de poitrine est fréquemment ressentie comme un complexe chez la femme, des seins trop volumineux peuvent également s’avérer fortement handicapants et gênants au quotidien. Quelles sont les causes de l’hypertrophie mammaire chez la femme ? Quelles conséquences dans la vie quotidienne ?  Quelles solutions existent pour y remédier ? L’intervention de réduction de la glande mammaire peut-elle ouvrir droit à une prise en charge pour la patiente ? Le point sur le développement excessif de la poitrine et son traitement.

 

Les causes de l’hypertrophie mammaire

L’hypertrophie mammaire est une anomalie bénigne qui peut être d’origine congénitale ou hormonale. Elle se traduit par un développement excessif de la glande mammaire et peut parfois s’accompagner d’un excédent graisseux sans que cela soit systématique, loin s’en faut. Le surpoids ou la grossesse peuvent toutefois accentuer ce phénomène notamment en détendant la peau. L’hypertrophie mammaire n’est pas nécessairement présente de façon homogène sur chacun des 2 seins et peut donc être à l’origine d’une asymétrie de la poitrine lorsque la prolifération est unilatérale (dans un seul sein). Elle peut se produire sur plusieurs années ou parfois de façon bien plus rapide en quelques semaines. La prolifération provient alors de la production de certaines hormones sexuelles en quantité trop importante et notamment de prolactine ou d’oestrogènes au moment des premières menstruations ou pendant l’allaitement. 

Les perturbations hormonales, le vieillissement de la peau ou les variations pondérales peuvent accentuer ce phénomène en distendant l’enveloppe cutanée. Certains spécialistes estiment parfois qu’il existe une prédisposition génétique à cette anomalie ou même que celle-ci survient sans véritable cause apparente.

Enfin, certains médicaments ou certaines maladies auto-immunes tel que le lupus érythémateux disséminé peuvent également être à l’origine de ce dérèglement.

 

Le diagnostic d’hypertrophie mammaire

D’un volume moyen de 200 à 350 cms³, on considère que la poitrine fait l’objet d’une hypertrophie mammaire lorsque son volume dépasse les 400 cms³. La poitrine est dans ce cas disproportionnée par rapport à la silhouette féminine et donc inadaptée à la morphologie de la patiente. 

Plusieurs grades existent dans le diagnostic d’hypertrophie mammaire : 

  • Hypertrophie modérée : de 400 à 600 cms³
  • Hypertrophie assez importante : de 600 à 800 cms³
  • Hypertrophie importante : de 800 à 1 000 cms³
  • Hypertrophie très importante : plus de 1 000 cms³. A ce niveau, on parle également de gigantomastie.

L’hypertrophie mammaire apparaît généralement à la puberté, sous l’action des hormones et peut dans certains cas disparaître d’elle-même. Sous le poids du vieillissement et du relachement cutané, la gravité fait donc fléchir les seins vers le bas ainsi que les mamelons. Ils deviennent alors pesants et encore plus difficiles à supporter pour la femme atteinte de cette anomalie donnant une impression de lourdeur dans la partie inférieure et de vide dans la partie supérieure.

Le diagnostic d’hypertrophie mammaire est souvent posé en tenant compte de plusieurs éléments :

  • Le degré d’hypertrophie;
  • La taille de la poitrine (taille du bonnet). On considère généralement l’hypertrophie avérée à partir du bonnet E ;
  • La stature et de la morphologie globale de la patiente (son IMC) ;
  • Le degré de la ptose;
  • La présence ou non de vergetures;
  • Le degré d’élasticité de la peau.

Si elle touche majoritairement les femmes, un problème assez similaire peut également toucher les hommes avec un sur-développement de la glande mammaire appelé gynécomastie qui entraîne l’apparition de petits seins.

 

L’hypertrophie mammaire, une anomalie handicapante au quotidien

L’hypertrophie mammaire peut rapidement se révéler handicapante dans de nombreux gestes du quotidien et entraîne une gêne physique et fonctionnelle mais aussi esthétique et psychologique. Source de douleurs dorsales, cervicales (au niveau du cou et de la nuque) et aux épaules, souvent accrues par un relâchement de la peau et une ptose mammaire (seins tombants), elle peut également provoquer des irritations cutanées (appelées intertrigos) au niveau du sillon sous-mammaire du fait des frottements répétés et de la macération dûe au trop grand volume mammaire. 

Elle peut également provoquer des troubles du sommeil et des problèmes de posture. Elle s’avère également de ce fait particulièrement génante dans la pratique de l’activité sportive limitant ainsi les mouvements des femmes qui en sont atteintes. A cet inconfort physique s’ajoute la difficulté de trouver des vêtements adaptés et notamment des sous-vêtements à la bonne taille ou un complexe de se dévêtir dans l’intimité ou pour aller à la plage. Mal à l’aise avec leur forte poitrine, notamment vis-à-vis du regard des hommes, certaines femmes tentent alors de la camoufler avec des vêtements amples. 

 

La mammoplastie de réduction pour soigner l’hypertrophie mammaire

Généralités et préparation à l’intervention

Pour venir à bout de cette anomalie handicapante, certaines femmes choisissent d’avoir recours à la réduction mammaire. Pour une femme, l’intervention de réduction mammaire dénommée également macromastie peut être effectuée à la fin de la croissance généralement à l’âge de 17 ans. Pratiquée sous anesthésie générale en clinique, elle dure en règle générale entre 1h30 et 2h. La patiente pourra rester à la clinique entre 1 et 3 jours selon notamment le volume de la glande mammaire à extraire.

D’une manière générale, on estime l’intervention de réduction mammaire vraiment nécessaire lorsque le praticien est en mesure de retirer 1 à 2 kgs par sein.

Avant l’intervention, des consultations préalables ont lieu en cabinet esthétique afin d’analyser la morphologie de la patiente et de recueillir ses attentes quand au résultat de l’intervention. Une décision sera alors prise quant à la quantitié de tissu extraite en concertation avec la patiente. Pour les femmes âgées d’au moins 35 ans, une mammographie sera prescrite avant toute intervention. Un rendez-vous avec l’anesthésiste devra également avoir lieu au plus tard 48 heures avant l’intervention.

 

L’intervention en pratique 

La réduction mammaire est une intervention qui se déroule en plusieurs étapes généralement bien définies : 

  • Le chirurgien commence d’abord par dessiner la nouvelle forme des seins qui permettront d’indentifier l’endroit des incisions.
  • Il procède ensuite à l’extraction du tissu glandulaire excédentaire. Il sera ensuite envoyé par précaution en analyse anatomopathologique.
  • La glande mammaire restante est ensuite remodelée et le sein remonté pour rétablir la posture.
  • Le chirurgien pratique ensuite l’exérèse des excédents cutanés et redrape la peau des seins.
  • Il repositionne enfin l’aréole et le mamelon.
  • Un pansement en guise de soutien-gorge est posé en fin d’intervention

L’intervention de réduction mammaire ne consiste donc pas seulement en une simple extraction de l’excédent de glande mammaire qui reviendrait à vider le sein de sa substance. Elle implique également une reconstruction d’ensemble de la poitrine afin de d’obtenir un résultat uniforme, naturel et des seins débarrassés d’une potentielle asymétrie.

L’hypertrophie mammaire peut dans certains cas particuliers être traitée par l’intermédiaire d’une liposuccion lorsque l’excédent mammaire est provoqué par un surplus de tissus adipeux.

Dans le cas d’une hypertrophie très importante, certains praticiens décident de procéder à une mastectomie (également pratiquée dans le cadre du traitement d’un cancer du sein) c’est-à-dire une extraction totale du tissu mammaire qui est ensuite remplacé par une prothèse mammaire. 

 

Cure d’hypertrophie mammaire : Quelle prise en charge ?

La mammoplastie de réduction peut dans certains cas ouvrir droit à une prise en charge par la Sécurité Sociale. Elle devra pour cela conduire à une extraction d’au moins 300 grammes par sein soit environ 2 bonnets, ce qui constitue le seuil à partir duquel cette anomalie est jugée handicapante. Cette prise en charge est automatique à partir de ce seuil et ne nécessitera pas de démarche particulière. Le chirurgien sera à même de vous renseigner et de quantifier précisément la masse de la glande mammaire à extraire pendant les consultations pré-opérations.

 

Les suites opératoires à l’intervention de traitement de l’hypertrophie mammaire

Les suites de l’intervention de réduction mammaire sont généralement peu douloureuses.

Le résultat de la mammoplastie de réduction est immédiatement visible et sera définitif au bout de 6 mois. La patiente retrouvera rapidement confiance en elle et pourra pratiquer plus confortablement toutes ses activités du quotidien et notamment les activités physiques.

Les activités professionnelles pourront être reprises généralement entre une et 2 semaines après l’intervention. Le port de charges lourdes ou les activités physiques intenses seront proscrites pendant au moins 3 semaines. Un soutien-gorge de contention permettant de bien stabiliser la poitrine sera fortement recommandé les premières semaines. Un gonflement post-opératoire pourra également être observé les premières semaines. Les fils utilisés sont généralement résorbables et la cicatrice disparaitra assez rapidement après l’intervention. Un nouveau pansement plus léger remplacera le pansement post-opératoire quelques jours après l’intervention.

La patiente devra également tenter de stabiliser sa silhouette et éviter de subir un amaigrissement trop important pour éviter l’effet de seins flasques.

Important : la réduction mammaire induit l’impossibilité pour la patiente de pratiquer l’allaitement après l’intervention. Celle-ci suppose en effet une section des canaux galactophores. Il ne s’agit donc pas d’une décision à prendre à la légère pour les patientes ayant des projets de grossesse.