
Asymétrie mammaire : la correction par augmentation
L’asymétrie mammaire est un phénomène très courant chez les femmes, qui se manifeste de façon plus ou moins marquée selon la morphologie de la poitrine. Cette différence de taille, de forme ou de position entre les deux seins peut, lorsqu’elle est visible ou mal vécue, être corrigée par une intervention de chirurgie mammaire afin de restaurer l’équilibre et de redonner à la poitrine un aspect harmonieux et naturel.
Sommaire
Qu’est-ce qu’une asymétrie mammaire et est-ce fréquent ?
On parle d’asymétrie mammaire (ou dissymétrie des seins) lorsque les deux seins présentent une différence perceptible de volume, de forme, de projection ou de position. Une légère différence entre les deux seins est en réalité la règle plutôt que l’exception : la quasi-totalité des femmes ont des seins qui ne sont pas parfaitement identiques, sans que cela ne se remarque au quotidien.
Les travaux de chirurgie plastique le confirment. Une étude de N. I. Cruz publiée en 2018 dans Aesthetic Plastic Surgery a retrouvé une asymétrie de volume des seins chez environ 41 à 47 % des femmes consultant pour une chirurgie esthétique, et une asymétrie de la paroi thoracique chez 10 à 12 % d’entre elles. En tenant compte de toutes les formes d’asymétrie (volume, forme, position, aréoles, thorax), une revue de U. D. Khan (2024) estime même qu’une asymétrie peut être présente chez jusqu’à 87 % des patientes. Autrement dit, avoir une poitrine asymétrique est parfaitement courant et n’a rien d’anormal.
La question n’est donc pas tant la présence d’une asymétrie que son degré. Tant qu’elle reste discrète, elle ne justifie aucune prise en charge. C’est lorsqu’elle devient visible, gênante pour s’habiller ou difficile à vivre qu’une correction chirurgicale peut être envisagée. À titre indicatif, une étude par IRM de X. Du (2024) a montré que la satisfaction des patientes diminuait nettement lorsque l’écart de volume entre les deux seins dépassait environ 40 %.
Quelles sont les causes de la différence de taille entre les deux seins ?
L’asymétrie mammaire peut trouver sa source parmi différents facteurs, dont notamment :
- une prédisposition génétique (anomalie congénitale) provoquant le surdéveloppement d’un sein par rapport à l’autre, par exemple dans le cas du syndrome de Poland ou en présence de seins tubéreux (de forme allongée, parfois dite triangulaire) ;
- des facteurs hormonaux : la puberté, la ménopause ou encore des variations hormonales peuvent influer sur la taille et l’aspect des seins ;
- des évènements de la vie d’une femme tels que la grossesse ou l’allaitement, susceptibles d’amplifier cette asymétrie. On parle alors d’asymétrie post-grossesse ;
- un choc, un traumatisme ou encore la présence d’un kyste ou d’un abcès déformant temporairement un sein ;
- un cancer du sein ayant nécessité une mastectomie (asymétrie post-traumatique).
On note par ailleurs que l’asymétrie est statistiquement plus fréquente sur les poitrines volumineuses et chez les femmes n’ayant pas eu d’enfant (R. Kayar, 2015).
Les différentes formes d’asymétrie de la poitrine
La dissymétrie mammaire peut prendre plusieurs formes, avec notamment :
- une différence au niveau du pli infra-mammaire (un sein plus bas que l’autre), ce qui constitue la majorité des cas ;
- un sein plus volumineux que l’autre (cas fréquent également) ;
- une différence au niveau de la position des aréoles et des mamelons ;
- une constriction de la base d’un sein entraînant une différence de forme (sein de forme triangulaire) ;
- une asymétrie du thorax provoquant généralement une disparité de volume et de forme.
Le diagnostic précis de cette forme oriente directement le choix de la technique de correction.
Les techniques chirurgicales pour corriger des seins asymétriques
Différentes techniques de correction d’une asymétrie mammaire peuvent être envisagées en fonction du diagnostic posé par le chirurgien :
- un lifting mammaire en cas de ptose de l’un des seins (cure de ptose ou mastopexie) : il est indiqué quand l’asymétrie résulte d’une différence de position. Il consiste alors à remonter le sein le plus bas au même niveau que l’autre ;
- une réduction mammaire, utilisée en présence d’une asymétrie de volume. Elle consiste à diminuer le volume du sein le plus gros et, dans certains cas, à le remonter (cure de ptose) pour obtenir une poitrine symétrique. Lorsqu’elle ne porte que sur un seul sein, on parle de réduction unilatérale ;
- une augmentation mammaire (par implants ou par lipofilling) : il s’agit cette fois d’augmenter le volume du sein le plus petit pour parvenir à une symétrie mammaire. Cette augmentation peut être réalisée grâce à la pose d’une prothèse mammaire ou par l’intermédiaire d’une injection de la propre graisse de la patiente (transfert de graisse autologue) ;
- l’intrication des deux techniques, lorsque l’on augmente le plus petit sein tout en réduisant le plus volumineux, est également possible pour rééquilibrer une asymétrie marquée.
Dans la plupart des cas, la solution à une asymétrie mammaire passe donc par l’augmentation du sein le plus petit, la différence de volume étant la cause la plus fréquente de dissymétrie.

Focus sur la correction de l’asymétrie des seins par augmentation mammaire
La correction de seins non symétriques est le plus souvent réalisée par une intervention d’augmentation mammaire, la différence de volume en étant l’une des causes principales de cette dissymétrie.
Déroulement de l’intervention
Une consultation est effectuée avec le spécialiste, qui examine notamment les caractéristiques des seins (forme, volume, projection) et recueille les besoins et les attentes de la patiente pour décider, de concert, du type d’intervention le plus adapté. Une mammographie ainsi qu’une échographie sont réalisées pour s’assurer de l’état de santé de la patiente, et un rendez-vous avec l’anesthésiste est prévu.
Le déroulement de l’intervention diffère ensuite selon la technique choisie par le chirurgien en accord avec la patiente. Dans tous les cas de figure, une anesthésie est pratiquée (locale sous sédation ou générale pour plus de confort). L’intervention dure, elle, entre 1h30 et 2h, avec généralement une sortie de l’hôpital le lendemain ou parfois le soir même (en ambulatoire) :
- pour une correction d’asymétrie mammaire avec augmentation par prothèse mammaire, une incision est pratiquée au niveau du pli sous-mammaire (voie sous-mammaire), du haut de l’aisselle (voie axillaire) ou sous le mamelon (voie périaréolaire). Une loge est ensuite créée pour accueillir l’implant choisi au préalable. Le chirurgien positionne alors la prothèse soit :
- devant le muscle pectoral (position prémusculaire ou rétroglandulaire) ;
- derrière le muscle pectoral (position rétromusculaire) ;
- ou bien encore en position dual plan ou bi-plan (à la fois devant et derrière le muscle pectoral).
Une fois la prothèse positionnée, les incisions sont soigneusement refermées avec des fils autorésorbables pour minimiser la visibilité des cicatrices.
- pour une correction d’asymétrie mammaire avec augmentation par lipofilling mammaire, le chirurgien procède à une lipoaspiration d’une quantité de graisse excédentaire de la patiente dans un ou plusieurs endroits du corps (ventre, hanches, bras, etc.). La graisse prélevée est ensuite retraitée et centrifugée puis réinjectée au niveau du sein le moins développé pour rééquilibrer les proportions ;
- l’augmentation mammaire peut également être composite, c’est-à-dire cumuler l’implantation d’une prothèse avec l’injection de graisse par-dessus, afin d’obtenir un résultat encore plus naturel.
Résultats et suites opératoires
Les suites opératoires d’une intervention de correction de l’asymétrie mammaire par augmentation sont généralement modérées. Elles se limitent le plus souvent à un œdème et à une tension tissulaire au niveau du sein opéré, le temps que la peau s’habitue au nouveau volume. Quelques douleurs relativement peu intenses peuvent être calmées par des antalgiques.
Il convient cependant de porter un soutien-gorge de contention pendant environ 6 semaines pour consolider le résultat, et d’apporter un grand soin à la désinfection des incisions pour éviter toute infection. Les efforts physiques sont également à limiter pendant plusieurs semaines.
Les résultats d’une correction d’asymétrie mammaire sont visibles immédiatement après l’intervention, mais prennent généralement 3 à 6 mois à être définitifs, le temps que l’œdème se résorbe. La poitrine apparaît alors plus homogène et symétrique, avec des courbes redéfinies et des proportions équivalentes entre les deux seins.
Sein plus gros que l’autre après une augmentation mammaire : normal ou inquiétant ?
Il est fréquent qu’une patiente constate, dans les jours et les semaines suivant une augmentation mammaire, qu’un sein paraît plus haut, plus gros ou plus ferme que l’autre. Dans la grande majorité des cas, cette asymétrie est temporaire et fait partie de l’évolution normale des suites opératoires.
Les deux côtés ne dégonflent pas toujours à la même vitesse, et les implants ne se positionnent pas simultanément. C’est le phénomène dit de « descente » des prothèses : l’implant s’assouplit et migre progressivement vers sa place définitive. Les chirurgiens anglo-saxons parlent de drop and fluff. Ce processus débute généralement entre la 2e et la 6e semaine et se poursuit jusqu’à ce que la poitrine se stabilise, le plus souvent au bout de 3 à 6 mois. Pendant cette période, il est donc normal que la symétrie ne soit pas encore parfaite.
Une asymétrie qui persiste au-delà de ce délai, ou qui s’accompagne d’une douleur, d’un durcissement marqué ou d’une déformation, doit en revanche être évaluée par le chirurgien. Elle peut être liée à une différence de positionnement des implants, à une coque (contracture capsulaire) ou à une asymétrie préexistante non entièrement corrigée. Une reprise chirurgicale ou un ajustement par lipofilling peuvent alors permettre d’affiner le résultat. La littérature de chirurgie plastique montre que ces corrections secondaires (chirurgie de reprise) donnent de bons résultats, stables dans le temps.
La correction d’une asymétrie mammaire par augmentation peut-elle être remboursée par la Sécu ?
La Sécurité Sociale peut, dans certaines situations, prendre en charge une correction d’asymétrie mammaire par augmentation. C’est le cas notamment :
- d’une malformation congénitale ;
- d’une asymétrie mammaire jugée handicapante (telle que le Syndrome de Poland ou les seins tubéreux) ;
- d’une asymétrie sans cause congénitale, à condition qu’elle soit suffisamment significative (par exemple en présence d’une agénésie ou hypoplasie mammaire).
Le niveau de prise en charge est cependant bien souvent déterminé par le degré d’asymétrie. Une intervention pour une asymétrie mineure a en effet peu de chances d’être couverte. La correction d’une asymétrie majeure peut, elle, aboutir à un remboursement après validation du dossier par un médecin-conseil de l’Assurance Maladie.
En pratique, la démarche suit le plus souvent trois étapes : une consultation chirurgicale au cours de laquelle le chirurgien évalue l’asymétrie et constitue le dossier médical (photographies, mesures), le dépôt d’une demande d’entente préalable auprès de la Sécurité Sociale, puis l’attente de la réponse du médecin-conseil. En cas d’accord, la part non remboursée (notamment les éventuels dépassements d’honoraires) peut être prise en charge par votre mutuelle. Rapprochez-vous de votre chirurgien dès la première consultation pour monter un dossier en ce sens.
Questions fréquentes
Comment corriger une asymétrie mammaire ?+
La correction dépend de la forme de l’asymétrie. On peut augmenter le volume du sein le plus petit (par prothèse ou par lipofilling), réduire le sein le plus volumineux (réduction mammaire), remonter un sein qui tombe (lifting ou cure de ptose), ou combiner ces gestes. Le choix de la technique est défini en consultation, après examen des deux seins et selon les attentes de la patiente.
Avoir un sein plus gros que l'autre est-il normal ?+
Oui. Une légère différence entre les deux seins est extrêmement courante : la quasi-totalité des femmes ont des seins qui ne sont pas parfaitement identiques. Ce n’est que lorsque l’asymétrie devient visible, gênante pour s’habiller ou difficile à vivre qu’une correction chirurgicale peut être envisagée.
Peut-on corriger une asymétrie mammaire uniquement par lipofilling ?+
Oui, lorsque la différence de volume est modérée et que la patiente dispose d’une réserve de graisse suffisante à prélever. Le lipofilling permet alors d’augmenter le sein le plus petit avec la propre graisse de la patiente, sans implant. Pour une asymétrie plus marquée, une prothèse ou une technique composite (prothèse + graisse) peut être préférée.
Est-il normal d'avoir un sein plus gros que l'autre après une augmentation mammaire ?+
Dans les premières semaines, oui : les deux côtés ne dégonflent pas à la même vitesse et les implants ne descendent pas simultanément (phénomène de descente, ou « drop and fluff »). La symétrie se stabilise le plus souvent au bout de 3 à 6 mois. Une asymétrie qui persiste au-delà, ou qui s’accompagne de douleur ou de durcissement, doit être évaluée par le chirurgien.
Faut-il augmenter le petit sein ou réduire le grand ?+
Les deux solutions sont possibles et se décident avec le chirurgien selon le volume souhaité par la patiente. Augmenter le plus petit sein convient à celles qui veulent une poitrine plus pleine ; réduire le plus volumineux convient à celles qui la trouvent trop lourde. Une intrication des deux gestes est parfois la solution la plus harmonieuse.
La correction d'une asymétrie mammaire est-elle prise en charge par la Sécurité Sociale ?+
Elle peut l’être lorsque l’asymétrie est jugée importante ou handicapante (malformation congénitale, syndrome de Poland, seins tubéreux, hypoplasie marquée). La prise en charge n’est pas automatique : elle dépend du degré d’asymétrie et nécessite une demande d’entente préalable validée par le médecin-conseil de l’Assurance Maladie. Une asymétrie mineure n’est généralement pas couverte.
Les cicatrices d'une correction d'asymétrie sont-elles visibles ?+
Leur emplacement dépend de la technique : incision dans le pli sous-mammaire, autour de l’aréole ou au creux de l’aisselle pour une prothèse, simples points d’injection pour un lipofilling, cicatrice de lifting en cas de ptose. Les deux seins n’ont pas forcément les mêmes cicatrices. Les incisions sont refermées avec des fils résorbables et s’estompent au fil des mois.
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