
Implants mammaires ronds ou anatomiques : comment choisir ?
L’augmentation mammaire par prothèses a longtemps été l’opération de chirurgie esthétique la plus pratiquée en France. Même si elle est désormais légèrement distancée par la liposuccion, l’ANSM a néanmoins recensé 82 600 poses d’implants mammaires en 2024. Pour les femmes souhaitant y recourir se pose néanmoins certaines questions au premier rang desquelles les objectifs de l’intervention à savoir la recherche d’un résultat naturel et discret ou à l’inverse d’un galbe plus affirmé. Au-delà des autres facteurs (volume, gabarit, texture…), le choix des implants mammaires ronds ou anatomiques prend alors toute son importance au moment de remodeler sa poitrine.
Sommaire
Les deux grandes familles d’implants mammaires
Les implants mammaires diffèrent en fonction de plusieurs éléments tels que le volume, le matériau, la texture, la projection mais aussi évidemment la forme de la poitrine. On distingue ainsi principalement 2 grandes familles de prothèse à savoir :
- les prothèses rondes (en forme hémisphérique) : lisses et composées de gel de silicone, elles représentent la grande majorité des opérations. Ce sont d’ailleurs les seules prothèses utilisées par le Dr Hunsinger et le Dr Henri Derhy au sein de la clinique Rive Droite Paris Etoile dans le 17ème arrondissement ;
- les prothèses anatomiques (en forme de poire ou de goutte d’eau) : autrefois très populaires pour leur forme imitant l’aspect naturel du sein, leur utilisation a été interdite en 2019 en raison du risque de cancer rare (lymphome anaplasique à grandes cellules) que faisait peser leur aspect macrostructuré nécessaire au non-retournement. C’était notamment le cas des modèles Natrell 410 d’Allergan utilisant la technologie Biocell. De nouvelles prothèses anatomiques à enveloppe microstructurée ont toutefois été développées sans faire l’objet d’une interdiction. Le recul sur cette technique reste cependant limité pour le moment.
Prothèse ronde : pour qui, pour quel résultat ?
Les prothèses rondes sont particulièrement recommandées pour une poitrine en forme de pomme lorsque l’aréole est bien centrée par rapport à la glande mammaire. Elles peuvent également être choisies si la partie supérieure des seins manque de projection (ptose mammaire). Elles peuvent aussi répondre à la volonté de patientes souhaitant une augmentation de volume importante avec un galbe prononcé (aspect pigeonnant).
Les prothèses rondes présentent l’avantage de pouvoir être insérées à travers des techniques variées :
- par voie sous-mammaire (sous le sein) ;
- par voie axillaire (sous l’aisselle) ;
- par voie péri-aréolaire (via des incisions au niveau de l’aréole).
Contrairement aux idées reçues, les prothèses rondes permettent tout à fait d’obtenir un résultat naturel au même titre que les implants anatomiques. Tout dépend en réalité du volume choisi, de la projection désirée et de la quantité de glande mammaire préexistante. Les prothèses rondes sont à cet égard très polyvalentes et permettent aussi bien une poitrine discrète qu’un décolleté prononcé selon les souhaits de la patiente.
Même en cas de rotation (qui est extrêmement rare), la forme de l’implant mammaire reste sphérique et donc symétrique entre la partie supérieure et inférieure. Le retournement n’a ainsi aucun impact sur l’aspect de la poitrine et ne nécessite aucunement une nouvelle intervention comme cela peut être le cas pour les prothèses anatomiques.
Prothèse anatomique (goutte d’eau) : pour qui, pour quel résultat ?
Les prothèses anatomiques présentent un résultat un peu plus discret avec une projection moindre sur la partie supérieure du sein et concentrée sur la partie inférieure d’où l’aspect “goutte d’eau”. Elles sont de ce fait davantage destinées aux femmes minces avec un volume de tissu mammaire limité ou à celles ayant subi une mastectomie suite à un cancer du sein (intervention de reconstruction mammaire). Les implants anatomiques permettent un résultat très naturel avec une pente douce et progressive vers la base du sein qui concentre la majeure partie du volume.
Les implants anatomiques présentent cependant l’inconvénient majeur du retournement. En cas de rotation, le sein peut alors devenir asymétrique, ce qui nécessite une nouvelle intervention chirurgicale.
Surface lisse, nano-texturée ou macro-texturée : ce que ça change
Le choix du type de prothèse ne se limite pas à la forme de l’implant. La surface de la prothèse a également une incidence importante sur sa bonne tenue et donc sur la sécurité de la patiente. Il existe globalement 3 types de surfaces pour les prothèses mammaires :
- les implants lisses : ils permettent à la prothèse de bouger librement dans la loge créée par le chirurgien. La surface lisse est de ce fait sans risque puisqu’elle n’entre pas en contact avec les tissus environnants ce qui limite en outre les inflammations potentielles. Ce caractère lisse a en revanche pour conséquence une moins bonne tenue et donc plus de risques de retournement. Il peut également entraîner l’apparition d’une coque du fait d’une hypertrophie capsulaire de la membrane périphérique au sein ;
- les implants macro-texturés : ils présentent une surface rugueuse agissant comme un velcro qui s’accroche aux tissus environnants. Cette surface texturée permet de stabiliser complètement la prothèse, tout particulièrement pour les implants anatomiques. Ce système a cependant pour inconvénient majeur les risques de friction entre la membrane et l’implant pouvant parfois conduire à une rupture intracapsulaire. Certaines prothèses macrotexturées ont même été retirées du marché suite aux risques documentés de lien avec une forme particulière de lymphome (LAGC) ;
- les implants micro-texturés (ou nano-texturés) : il s’agit de la dernière génération d’implants dont la promesse est de combiner stabilité et sécurité grâce à des micro-rugosités, imperceptibles à l’œil nu, et qui permettent d’accrocher les tissus sans pour autant les endommager. La prothèse peut ainsi suivre librement les mouvements du corps sans se retourner. Les très fines accroches réduisent en outre les risques de coque et d’irritations.
Les implants Ergonomix : ronds qui se comportent comme des anatomiques
Les implants Ergonomix développés par la marque Motiva sont composés d’un gel plus souple que les prothèses rondes traditionnelles. Ce gel qui suit le mouvement de la gravité donne mécaniquement à la poitrine un aspect moins bombé au niveau du haut du thorax en position debout. L’implant Ergonomix se rapproche alors de la forme de goutte d’eau des prothèses anatomiques dans la position debout tout en se redéployant dans la position allongée. Il reste donc techniquement de forme ronde (donc sans risque de retournement) mais avec une adaptabilité totale par rapport aux mouvements du corps à la manière d’une prothèse anatomique.
Comment votre morphologie oriente le choix
Différents facteurs interviennent dans le choix du type d’implants mammaires et notamment :
- la quantité de glande mammaire existante : pour les patientes fines avec une glande mammaire peu développée, la prothèse anatomique sera préférable pour éviter une démarcation trop visible sur la partie supérieure. Les patientes avec un certain volume glandulaire à l’inverse peuvent s’orienter vers des prothèses rondes, le tissu mammaire recouvrant harmonieusement le haut de l’implant ;
- l’élasticité de la peau : la prothèse ronde est à privilégier lorsque la peau est encore ferme puisqu’elle permet de contenir l’implant pour donner une apparence bombée. Une patiente dont la peau a perdu en collagène et en élasticité devra à l’inverse se tourner vers les prothèses anatomiques pour éviter un effet d’affaissement et l’accentuation de la ptose mammaire ;
- le type de pose : en général les prothèses rondes sont placées derrière le muscle pectoral (pose rétromusculaire) alors que les prothèses anatomiques sont placées devant le muscle pectoral (position rétroglandulaire). La position dual plan est elle compatible avec les 2 formes d’implants ;
- les attentes de la patiente en termes de volume et de projection.
Le choix de la prothèse ne peut également faire l’économie d’une analyse de la morphologie de la patiente. Pour un résultat naturel, le chirurgien va alors prendre en compte différentes caractéristiques de la poitrine comme par exemple :
- la forme et la largeur du thorax : un buste large permettra plus facilement d’utiliser des prothèses rondes pour “remplir” la largeur du thorax. A contrario, pour un buste étroit, des prothèses anatomiques plus fines et plus hautes seront davantage adaptées. Les implants anatomiques sur-mesure permettront notamment de mieux gérer le rapport hauteur/largeur du buste ;
- le diamètre des seins : la taille de la prothèse doit être adaptée au diamètre de la base des seins (l’implant doit être inférieur de 0,5 cm à 1 cm environ). Là encore une base étroite éliminera généralement les prothèses rondes qui augmentent les risques de débordement sur les côtés et/ou d’effet “mono-sein” si les seins se rejoignent trop au milieu du thorax. Les prothèses anatomiques seront donc plus adaptées aux diamètres étroits même si l’implant doit suffisamment remplir l’espace pour éviter “l’effet pic” ;
- l’écartement entre les seins : la pose de prothèses rondes sur un sternum large peut être l’occasion de rapprocher visuellement des seins écartés pour créer un effet décolleté plus marqué et plongeant. A l’inverse, des prothèses anatomiques seront plus adaptées à un faible écartement pour éviter les débordements ;
- la hauteur du buste : une prothèse anatomique remplit davantage l’espace vertical d’un buste long là où une prothèse ronde est plus adaptée à un buste court pour ne pas apparaître trop basse ;
- la position des mamelons : pour des mamelons bas (souvent du fait d’une ptose mammaire), les prothèses anatomiques peuvent permettre un rééquilibrage grâce à l’accentuation de la partie inférieure. Des mamelons à hauteur moyenne permettront au contraire la pose de prothèses rondes pour accentuer la partie supérieure et obtenir un effet “push-up” souvent convoité.
Les grandes marques d’implants : Allergan, Mentor, Motiva, Sebbin
Voici les principales marques de prothèses mammaires commercialisées sur le marché :
- Allergan, longtemps leader mondial dont la position a été fragilisée avec sa gamme d’implants macrotexturés Biocell retirés du marché en 2019 pour sa responsabilité supposée dans la contraction du lymphome BIA-ALCL. La marque, rachetée en 2019 par AbbVie, se concentre désormais sur des prothèses lisses (et notamment la gamme Natrelle Inspira) dont la qualité est reconnue pour une pose rétromusculaire ;
- Motiva, à l’origine de la révolution récente des implants microtexturés. Leur produit phare est la prothèse Ergonomix (déjà évoquée précédemment) qui se caractérise par un compromis idéal entre adaptabilité et sécurité grâce à l’enveloppe SmoothSilk nano-texturée. La marque propose également une innovation majeure avec des puces électroniques d’identification (Qid) offrant la possibilité de visualiser l’état de la prothèse depuis l’extérieur ;
- Mentor, marque historique américaine (appartenant au groupe Johnson&Johnson), particulièrement réputée pour la fiabilité et la robustesse de ses prothèses. La marque a développé la technologie MemoryGel (gel CPG à mémoire de forme), ayant obtenu l’agrément de la FDA, qui permet à la prothèse de reprendre naturellement sa forme après un mouvement. L’enseigne propose également un vaste catalogue d’implants avec une grande variété de diamètres, de profils et de gels utilisés, permettant d’ajuster le niveau de fermeté souhaité ;
- Sebbin : fabricant français de prothèses artisanales haut de gamme qui répondait à des besoins sur-mesure notamment pour des cas de reconstruction mammaire ou malformations thoraciques. Le groupe a cependant été placé en liquidation judiciaire et a cessé son activité le 3 mars 2025 ;
- Arian : de conception intégralement française, la marque située à Mougins a développé le concept de fabrication Monobloc, c’est-à-dire sans soudure, ce qui évite tout risque de rupture de la prothèse pour une sécurité extrême. Nous plébiscitons d’ailleurs ces implants que nous mettons en place régulièrement au sein de la clinique CERDPE de Paris 17 ;
- Polytech : plus grand fabricant européen, cette marque allemande est réputée pour la grande sécurité de ses implants ainsi que pour son revêtement en mousse polyuréthane (“Microthane”) qui empêche l’hypertrophie capsulaire. Ce revêtement bloque littéralement la prothèse et forme une sorte de “velcro biologique » maintenant la prothèse en place et limitant au maximum les risques de formation de coque ;
- Serian : il s’agit d’une marque américaine sur le segment haut de gamme qui a breveté la technologie de gel HSC, un gel de silicone très dense et stable. Elle commercialise la promesse d’un implant très sécurisé qui ne coule même en cas de coupure.
Simulation 3D et gabarits : comment le choix se fait en consultation
Au-delà du type de prothèses (ronde ou anatomique), le choix de l’implant pour une patiente est également effectué en concertation avec le chirurgien. Au cours des différentes consultations planifiées au sein du cabinet Rive Droite Paris Etoile dans le 17ème arrondissement, le Dr Hunsinger ou le Dr Henri Derhy utilisent notamment 2 outils principaux pour aider la patiente à affiner son choix :
- les gabarits (ou sizers) : il s’agit de prothèses d’essai à positionner dans un soutien-gorge de sport spécialisé. Le sizer aide la patiente, non seulement à visualiser la forme et la projection des implants futurs mais aussi à apprécier le surplus de volume et de poids représenté par la nouvelle poitrine. L’appréciation reste cependant incomplète car la prothèse peut paraître plus gonflée qu’elle ne le sera réellement étant donné qu’elle est seulement posée sur la poitrine et non à l’intérieur. Elle doit ainsi être complétée par des outils de simulation ;
- le simulateur 3D : il prend la forme d’un logiciel permettant à la patiente de visualiser virtuellement la présence du futur implant sur un avatar en 3D à partir de photos de son buste. Elle peut ainsi obtenir une projection sous différents angles pour décider si elle souhaite opter pour une prothèse ronde ou anatomique, pour un gabarit plus ou moins important (par exemple 250 cc ou 320 cc), pour un diamètre précis ou encore une hauteur de profil particulière. La simulation 3D permet d’agréger ces différentes données pour trouver le meilleur équilibre possible par rapport à la silhouette.
Grâce à ces outils ainsi qu’à l’écoute et la pédagogie de nos chirurgiens expérimentés, vous serez à même de choisir en toute connaissance de cause vos implants pour obtenir des résultats harmonieux et naturels sans excès.
Surveillance des implants : ce que dit la réglementation
La surveillance médicale des prothèses mammaires a été considérablement renforcée au cours des dernières années, notamment suite aux problèmes de sécurité survenus avec les implants macrotexturés (BIA-ALCL). Elle est notamment réalisée par l’ANSM au niveau français et encadrée par le règlement MDR de 2021 au niveau européen. Les mesures suivantes ont notamment été mises en place :
- Les implants commercialisés doivent obligatoirement disposer d’un marquage CE ;
- Un certificat d’implantation doit être délivré à la patiente à l’issue de l’intervention. Il doit notamment mentionner la marque des prothèses, leur volume (en centilitre) ou encore leur numéro de lot et de série. Il doit être renouvelé tous les 5 ans à la suite d’une nouvelle évaluation ;
- Les anciennes prothèses commercialisées avant le règlement européen doivent faire l’objet d’une recertification pour s’assurer qu’elles répondent aux nouvelles normes ;
- Un registre national d’implant a été mis en place en France pour assurer la traçabilité des produits. L’identifiant unique du dispositif (IUD) doit permettre d’alerter immédiatement toutes les patientes porteuses en cas de problème de sécurité constaté ;
- Un protocole de suivi de soins a enfin été élaboré avec des recommandations de fréquence de consultations (rapprochées au début puis tous les 1 à 2 ans) ainsi qu’un protocole de détection à suivre en cas de suspicion de coque ou de rupture intracapsulaire (échographie, IRM mammaire, détection de modification de la forme et du volume, types de douleurs mammaires, etc.).
FAQ :
Quelle est la durée de vie des implants mammaires ?
Si on considérait autrefois que les prothèses mammaires devaient, de façon préventive, être changées tous les 10 ans, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Aucune date de péremption n’est fixée pour un implant et le remplacement ne doit être effectué qu’en cas d’usure mécanique constatée lors d’un examen (risques de coque ou de rupture intracapsulaire).
La pose d’implants mammaires est-elle compatible avec la lactation ?
Dans la grande majorité des cas oui il est possible d’allaiter avec des prothèses mammaires notamment lorsque la cicatrice est située sous le pli du sein (voie sous-mammaire) ou au niveau de l’aisselle (voie axillaire). La cicatrice autour du mamelon (voie péri-aréolaire) peut parfois limiter le volume de lait produit.
Qu’est-ce qu’une capsulite rétractile ?
Autrement appelée coque, la capsulite rétractile se produit suite à une réaction immunitaire qui provoque un durcissement de la membrane entourant la prothèse. Un remplacement d’implant est alors bien souvent nécessaire pour garantir la sécurité de la patiente.
Qui supervise légalement les opérations d’implants mammaires ?
La supervision légale de la chirurgie mammaire est assurée à plusieurs niveaux :
- sur la qualité et la conformité des produits : l’ANSM (ex-AFSSAPS) en France de façon complémentaire avec le règlement MDR ; la FDA aux Etats-Unis ;
- au niveau des praticiens : le CNOM (Conseil National de l’Ordre des Médecins) et la HAS (Haute Autorité de Santé) ;
- de façon plus globale sur la chirurgie esthétique : la SoFCPRE (Société Savante) en France et l’ISAPS à l’international.
Quelle est la meilleure saison pour la pose d’implants mammaires ?
L’hiver et l’automne sont généralement les périodes idéales pour des raisons d’ordre pratique (camouflage de la convalescence facilité, moins d’attente, moins de gonflements avec le froid, etc.).
Y’a-t-il une différence de prix entre prothèses rondes et anatomiques ?
Oui les prothèses anatomiques sont généralement un peu plus chères (de l’ordre de 20 % au moins) du fait d’une fabrication un peu plus complexe et d’une pose généralement plus longue (création d’une loge très précise notamment).
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